22/10/2007

22/10/07 - 00:21

Ecce festivitas amoris - Où l'on s'enivre de fêtes

Cher journal,



Afin de célébrer les brillantes victoires récentes de ses armes, Sa Majesté a décidé cette semaine de donner de grandes fêtes tant au Louvre qu'à Versailles. En effet, Monsieur le Comte de Forbin-Gardanne vient de remporter de farouches victoires sur nos ennemis anglais dans la Mer Baltique. Depuis la prise d'Almanza le 25 avril dernier, il semble bien que nos armes enfin déroutent l'infâme coalition des ennemis de notre cher roi d'Espagne, petit-fils de notre grand roi.



Mercredi, un brillant carrousel se tint au Louvre à Paris, où le Roi exposait ses dernières acquisitions de peintures italiennes & espagnoles.



Vendredi, Monsieur Marin Marais enchantait le salon d'Hercule de Versailles de ses suites admirables pour la viole.



Monsieur Marais joua comme à son habitude à la perfection sous le merveilleux tableau de Véronèse offert par la République de Venise au Roi.



Samedi, un grand bal paré se déroula dans la grande galerie de Versailles, après que la chapelle eut résonné d'une messe de Monsieur de Boesset, l'ancien maître de la musique de feu la Reine.

Ces fêtes ne furent interrompues que pour le requiem pour Madame de Montespan, trépassée fort brusquement aux eaux de Bourbon à soixante-six ans le 27 mai dernier à trois heures du matin. La Chapelle-Musique exécuta - à plus d'un titre ! - une messe fort sévère à six parties de Monsieur de Bournonville, dont je ne goûtai point la musique.

En toutes ces occasions, la présence de mes chers amis m'apporta beaucoup d'amusements, par leur gaieté & leur esprit. Monsieur de Valmont, toutefois, est fort fâché d'une rente que Monsieur de Beauregard a dilapidé. Madame de Montrose revenait de mission secrète près l'Empereur. Monsieur Danican-Philidor jouait avec la Grande Ecurie ce dimanche. Mon cousin Monsieur de Sermisy, médecin du Roi & de la Cour, danse parfaitement bien les canaries de Monsieur Marin Marais, qu'il goûte fort. Monsieur le Chevalier du Plessis a offert son bras à Mademoiselle de La Valette, mon incroyable fiancée. Monsieur du Plessis paraît préférer la musique de Monsieur de Boesset à celle de Monsieur Rebel.

Toutes ses fêtes me donnèrent le tournis, cher journal, tant les longs mois de privations dues à la guerre de succession d'Espagne nous avaient spoliés trop longtemps de leur bonheur.

Au milieu de cet automne, voilà comme un printemps pour mon cœur.

commentaires

22/10/07 - 09:33

Mon cousin, ce moment de pure beauté et d'amitié partagée fut pour moi comme une oasis dans le désert. Soyez en chaleureusement remercié.

22/10/07 - 10:53

Avez-vous ouï à nouveau Monsieur Marais à la Ville ce samedi mon cousin ?

24/10/07 - 07:24

Très brièvement, la foule me pressant de toutes parts mais je goûte fort son jeu parfait et sûr.

Les commentaires sont automatiquement fermés aux visiteurs au bout de trente jours.